Bérengère Deprez

Fiction

Le vent syrien

Nouvelles, Quorum, 1996

« Vous croyez votre femme en voyage », écrivait l’ami qui vous veut du bien. « Elle sera à l’Auberge de la Grande Boucle dans l’après-midi du 10… elle y a donné rendez-vous à M. Hugues Fortant, réceptionniste, avec qui elle entretient depuis quelques mois des relations privilégiées. Ce jeune homme est brun, de taille moyenne, et portera une cravate griffée Yves-Saint-Laurent, qu’elle vient de lui offrir ». Je laissais ainsi le choix au petit Fortant. Un peu de personnalité pouvait lui sauver la vie ; c’était lui qui, le matin même, nouerait ou non devant son miroir, avec complaisance, le fil de son destin.

Ces vingt-quatre brefs récits, tout en contrastes d’univers, de style, de ton, sont autant de microclimats. Ils ont en commun l’irruption de l’étrange dans le quoitidien, qui provoque le rêve, le bien-être ou le malaise.